L’économie circulaire doit rendre plus efficace l’utilisation des ressources

En amont des réponses d’Alain Geldron, il est opportun de rappeler que, sous l’effet de l’augmentation de la population mondiale (multipliée par 3 de 1930 à 2010), combinée à l’évolution du niveau de vie et des styles de vie, les prélèvements de biomasse, d’énergies fossiles et de minerais ont été multipliés par dix en un siècle.
Des chiffres qui situent l’enjeu qui est celui des nations et particulièrement du monde occidental, dans la lutte contre les impacts sur le changement climatique.
Comment l'économie
circulaire peut-elle
contribuer à relever
le défi du changement climatique ?

« Le développement de l’économie circulaire, en visant une réduction de la consommation de ressources et, par conséquent, une réduction des émissions de gaz à effet de serre engendrées par l’exploitation de ces ressources, constitue un cadre d’action indissociable de la lutte contre le changement climatique.

En effet au travers d’une production plus frugale, d’une consommation plus sobre et du développement du recyclage, la moindre consommation de certaines ressources induit directement un moindre recours aux énergies en particulier aux énergies fossiles. La fabrication de produits à faible consommation d’énergie et dotés d’une durée de vie plus longue conduit logiquement à moins émettre de gaz à effet de serre.

De même, des comportements d’achats plus raisonnés (faire durer les biens, acheter des produits de seconde main par exemple) ou le recours au partage induisent aussi une réduction des émissions affectant le climat. Le recyclage des matières premières est plus économe en énergie – et donc en émissions – que la fabrication de cette même matière à partir de ressources naturelles. Ainsi le recyclage d’une tonne d’acier ou d’une tonne de plastique permet de diminuer les rejets de près de deux tonnes d’équivalent CO2. Pour l’aluminium, ce sont plus de neuf tonnes de CO2 qui sont économisées grâce au recyclage ».
Quelles sont les
avancées en France ?
« Au travers du projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, la France positionne la lutte contre le changement climatique et l’économie circulaire au cœur de ses politiques économiques et environnementales. L’objectif d’augmenter, au travers d’une stratégie d’économie circulaire actualisée tous les cinq ans, la productivité des ressources (rapport entre le PIB et le tonnage de matières premières) de 30% entre 2010 et 2030, associé à la diminution de la consommation par habitant, constitue un outil déterminant de l’évolution de notre société vers une économie circulaire et sobre en carbone. De tels objectifs ne sont pas suffisants sans l’engagement de tous les acteurs : or, nous pouvons constater que les territoires à tous les niveaux développent des stratégies ou des plans d’action pour adopter une gestion plus efficace et économe de leurs ressources.

Territoires à énergie positive pour la croissance verte, territoires zéro déchets zéro gaspillage, appels à projets sur l’économie circulaire : les initiatives se multiplient pour développer localement une économie plus efficace et moins sensible à la disponibilité des ressources et aux fluctuations des cours des matières premières.

Pour les entreprises, la recherche d’une économie de matière première est en général gagnant-gagnant : gagnant pour sa profitabilité comme pour l’environnement. Des entreprises vont encore plus loin en changeant leur modèle économique, vendant un service plutôt qu’un bien. Ce modèle, encore émergent, d’ « économie de la fonctionnalité » ne demande qu’à être développé, sous réserve de valider à chaque fois ses bienfaits ».
Alain Geldron
expert national Matières Premières à l’ADEME depuis 2013.
Il était précédemment chef du Service Filières responsabilité élargie
du producteur et Recyclage de 2004 à 2013.

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