Production Durable

 Les enjeux d’une étude pour le retour de la consigne des emballages en verre

Depuis le milieu des années 1980, la Bretagne a vu la création d’un nombre considérable de producteurs de boissons : brasseries, limonadiers, eaux de source, cidreries, …
Aujourd’hui ce sont plusieurs dizaines de millions de bouteilles qui pourraient faire l'objet de réutilisation sur notre territoire.
L’ADEME participe à cette étude qui se fonde sur le postulat que la relocalisation de la production de boissons pourrait faire de la Bretagne un territoire propice à la relance de l’utilisation des bouteilles en verre consignées.
La consigne
est-elle vraiment plus écologique que le recyclage ?
Voilà une question qui mérite d’être posée en préambule. De nombreuses études publiées à ce sujet aboutissent aux mêmes conclusions :
  • Le coût environnemental d’une bouteille réutilisée cinq fois est entre 1,3 et 2 fois moins important que celui d’une bouteille recyclée à 91% si la distance reste inférieure à 600 km ;
  • Pour une distance inférieure à 260 km, ce qui serait le cas de la Bretagne, les impacts environnementaux, sont tous à l'avantage de la bouteille consignée.
Une étude commandée par l’ADEME sur la région Alsace, pour comparer le cycle de vie d’une bouteille de 75cl réutilisée et une bouteille de 75cl à usage unique, a donné les résultats suivants en faveur de la bouteille réutilisée :
  • 75 % de réduction de consommation d’énergie primaire
  • 80 % de réduction de gaz à effet de serre,
  • 85 % de diminution de l'acidification de l'air
  • 25 % de consommation d'eau en moins
  • 95 % de production de déchet pour le recyclage en moins
  • 85 % de déchets non triés en moins.
Des chiffres pour le moins probants.
Pourquoi la consigne
n'est-elle pas plus répandue aujourd'hui ?
Derrière les constats environnementaux se posent des enjeux logistiques non négligeables. Dans l'organisation actuelle de la filière du traitement des emballages en verre, l’industrie du verre a peu d'intérêt à voir la consigne se développer, pour les raisons suivantes :
  • les coûts logistiques d’approvisionnement de la matière première secondaire sont pris en charge par les collectivités et les éco-organismes,
  • le coût de production des bouteilles à partir du calcin (verre broyé) est nettement moins cher qu’à partir de la silice,
  • l’organisation actuelle de la filière lui permet de multiplier les ventes alors que la consigne favorise le réemploi de 10 à 50 fois de la même bouteille.
Par ailleurs, 75 % des ventes de boissons se font via la grande distribution. Celle-ci a totalement arrêté la consignation des bouteilles dans notre région depuis la fin des années 1990. Dès lors, l’enjeu majeur de l'étude envisagée par l’association Distro, est d'identifier les solutions optimales d'organisation de la collecte, du transport ainsi que du lavage des bouteilles.
Quelles sont
les prochaines étapes de l'étude ?
En 2016, après avoir identifié les expériences actuellement pertinentes en région (Alsace, Nord Pas de Calais, Styrie), Distro va conduire une enquête auprès des professionnels de la filière, ainsi que du grand public.
Les 7 et 8 juin 2016, Distro a pris part aux journées d'échanges organisées à Rennes par le « Réseau Consigne » qui fédère les acteurs français préoccupés par cette démarche.

A l'issue de ces deux étapes, Distro proposera aux acteurs de la filière un ou plusieurs scénarios de mise en place d'une logistique complète de collecte, transport, lavage des bouteilles produites et consommées en Bretagne.
Ensuite, à horizon 2017, au vu des résultats de cette première phase, Distro initiera une ou plusieurs expérimentations locales (ou régionales) de consignation des bouteilles.
Pour en savoir +
Contact ADEME BRETAGNE :

Stéphane LECOINTE
02 99 85 87 10 ou par mail

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